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samedi 14 mai 2011

Rafa en quête que son sixième titre en sept ans


Nadal stoppe Gasquet

Rafael Nadal (n°1) met fin samedi, en demi-finales, à la belle aventure de Richard Gasquet (n°16), tombeur de Roger Federer (n°3) et Tomas Berdych (n°7) aux tours précédents (7-5, 6-1 en 1h33'). 

Des Petits As au Foro Italico. Une génération dorée. Richard Gasquet et Rafael Nadal se connaissent par coeur. Adversaires gamins, adversaires adultes. Si le Français dominait dans les catégories de jeunes, les rôles se sont inversés chez les "grands" : huit matches, huit victoires pour le Majorquin. Mis sur orbite par ses succès contre Roger Federer et Tomas Berdych, l'ex-numéro 1 tricolore pouvait-il faire chavirer un numéro 1 mondial fiévreux, miné par son revers en finale du tournoi de Madrid face à Novak Djokovic ?

Gasquet tient bon jusqu'à 5 partout

En début de match, le Tricolore n'est toujours pas descendu de son nuage. Sous les yeux de Jean Gachassin, président de la Fédération Française, le Biterrois, très relâché, alterne service-volée, lob, revers long de ligne et amortie. Entre autres. La facilité est du côté français. Rafael Nadal, lui, joue court et fait les mauvais choix. Un signe qui ne trompe pas: son coup droit est aux abonnés absents. Dans le troisième jeu, il doit faire face à une première balle de break après... un coup droit dans le bas du filet.

Mené 3-2, il écarte deux nouvelles menaces. 5 partout. Dans le money time, le numéro 1 mondial hausse pourtant le ton. Comme souvent. Sur un passing de coup droit décroisé, il ne laisse pas filer sa première occasion sur l'engagement adverse (6-5). Le match a changé de mains. Rafael Nadal se fait plus pressant (26 points gagnants), Richard Gasquet relâche l'étreinte (17 fautes directes, 57% de premières balles). Débutée tambour battant (3-0), la seconde manche est une formalité. L'Espagnol aligne un neuvième succès en neuf matches et décroche une sixième finale à Rome (après ses titres en 2005, 2006, 2007, 2009 et 2010). Ses poings serrés en disent long. Cette semaine, Rafael Nadal se bat surtout contre lui-même. Cette semaine, Richard Gasquet s'est retrouvé. Les enfants ont bien grandi. - Julien GIOVANELLA 







Nadal ne fait pas de détail

Rafael Nadal a battu Richard Gasquet pour la 9e fois en 9 rencontres, à Rome, en demi-finale (7-5, 6-1). Le N.1 mondial attend de connaître son adversaire en finale : soit Novak Djokovic, soit Andy Murray. Les deux joueurs s'affrontent à 20h ce soir.

Rafael Nadal a battu Richard Gasquet en deux sets. Si le Français a retrouvé toute sa liberté sur le court, il n'a pas encore passé le cap face au N.1 mondial. 9 matches autant de défaites. A Rome, on retiendra son enchaînement victoire sur Roger Federer (N.3 mondial) et sur Tomas Berdych (N.7) et ses sept premiers jeux face à Nadal. Le Majorquin, méfiant, puis autoritaire, va défendre ses points ATP en finale. 

Sept jeux, c'est peu pour se vanter d'avoir fait un grand match face à Nadal, mais c'est assez pour avoir des regrets. Gasquet et Nadal étaient à 4-3 dans la première manche, mais le Français avait déjà perdu quatre balles de break en sa faveur. Les quatre seules balles de break qu'il a eu pendant la rencontre. Pendant ces premiers jeux, il a légèrement dominé le N.1 mondial en produisant le tennis varié, surprenant et compact qu'il avait offert lors des deux matches précédents. Du lift haut, des accélérations violentes, en coup droit comme en revers, et surtout une zone trouvée régulièrement en profondeur. 

Gasquet "fatigué"
 
Puis, à 4-3, il a baissé d'un tout petit cran. A peine moins percutant, il a subi un jeu blanc sur le service de l'Espagnol avant de lutter pour garder le sien. A 5-5, Nadal a obtenu ses premières balles de débreak, et son premier break. A 5-6, sa première balle de set a été aussi la bonne.
Gasquet avait annoncé se sentir "fatigué" avant cette rencontre. L'aveu d'une faiblesse fatale. Ne pas oublier la fatigue avant un match face à Nadal, ce n'est pas la meilleure façon de préparer le combat à venir. Fièvreux, Nadal avait donné le maximum face à Feliciano Lopez. Sans fièvre, Nadal a balayé un Gasquet en sur-régime au second set. 

Après sept sets de très haute tenue (deux matches plus le premier set samedi), Gasquet s'est désuni. Il lui reste encore du travail pour envisager sereinement un tournoi du Grand Chelem, qui se déroule, non seulement sur quinze jours mais en trois sets gagnants (mais certes avec un jour de repos entre deux matches). En attendant, il a la confirmation de ses progrès. Il sera 14e mondial lundi prochain. Nadal, convaincant, devra attendre dimanche pour savoir s'il a fait des progrès depuis Madrid... - Julien CARRASCO



Un Rafa bouillonant qualifié pour les demi-finales à Rome

Nadal reste n°1

Tombeur (6-1, 6-3 en 1h25') de Marin Cilic (n°11), vendredi, en quarts, Rafael Nadal (n°1) est assuré de se présenter à Roland-Garros avec le dossard de numéro 1 mondial. 
 
L'orgueil du champion. Une défaite avant les demies couplée à une victoire finale de Novak Djokovic et Rafael Nadal peut dire "au revoir" à sa première place mondiale. Alors, il fait avec les moyens du moment. Meurtri par son revers à Madrid, à la peine face à Paolo Lorenzi pour son entrée en lice au Foro Italico, le Majorquin s'accroche à son trône. Quitte à "désobéir" à son oncle et entraîneur Toni, qui lui déconseille de se présenter sur le court pour défier son compatriote Feliciano Lopez, la veille, en huitièmes de finale. Fiévreux, il ne laisse pourtant rien paraître. Et avance, tête baissée. 
 
Face à Marin Cilic, qu'il n'a encore jamais affronté sur terre battue, ses coups ne sortent pas aussi bien que d'habitude. D'accord. Au changement de côté, il s'applique de la glace autour du cou. D'accord. Mais il se bat, comme toujours. Avant tout contre lui-même. Impérial sur son service (aucune balle de break concédée), il imprime le rythme en fond de court (17 points gagnants). Bousculé, son adversaire craque dans l'échange (30 fautes directes au total). Et craque tout court sur son engagement, qu'il concède blanc, à 3-3 dans la seconde manche. Rafael Nadal retrouvera Richard Gasquet (n°16) ou Tomas Berdych (n°7) pour une place en finale. Mais l'essentiel était ailleurs. - J.G. 

Rafael Nadal: «Hier (jeudi), j'ai eu de la fièvre mais elle est tombée en fin de journée. Aujourd'hui, j'ai eu de la chance, je me suis senti beaucoup mieux. La décision de ne pas abandonner dans ce tournoi a été difficile à prendre car Roland-Garros est très important pour moi. Mais j'adore jouer à Rome, comme à Monte-Carlo ou Barcelone. C'est une époque de l'année particulière pour moi.»

article publié sur le site Lequipe.fr


Rafa atteint les quarts de finale à Rome


Nadal, fiévreux mais qualifié

Rafael Nadal s'est qualifié pour les quarts de finale du Masters de Rome face à son compatriote Feliciano Lopez (6-4, 6-2). Sans perdre un set, mais dans un état de forme fébrile: le N.1 mondial a avoué avoir eu de la fièvre la nuit précédente. Le Croate Marin Cilic sera son prochain adversaire.

Depuis quelques jours, Rafael Nadal n'est pas dans son assiette. Après une alerte face à Paolo Lorenzi la veille, l'Espagnol, tenant du titre à Rome, s'est qualifié pour les quarts de finale du Masters 1000, en battant son compatriote Feliciano Lopez. Sans perdre un set, comme lors de ses trois dernières sorties (6-4, 6-2), mais avec un peu de fièvre qui a failli le laisser sur le carreau. 

"J'ai eu de la fièvre cette nuit, et un réveil difficile ce matin, a révélé Nadal après le match. Je ne me sentais pas en pleine forme, j'ai décidé au dernier moment de jouer. J'ai vu le docteur, qui m'a dit: "Prenez ça, relaxez-vous pendant une heure et demie". Puis ça a été, même mieux qu'hier (mercredi), être en quarts dans ces conditions, c'est positif."
 
Face à un joueur qu'il connaît bien, le N.1 mondial n'a pas été inquiété. Il a pris deux fois le service de Lopez dans la première manche, mais perdu une fois le sien, puis a fait le break au sixième jeu du deuxième set pour mener 4-2. Il n'a ensuite plus relâché son étreinte et a étouffé le 40e à l'ATP. Une prestation loin de celle livrée la veille contre Lorenzi. "Je n'avais pas compris pourquoi je m'étais senti si lent et sans énergie, a expliqué l'Espagnol, maintenant je comprends mieux. Mais je suis ici pour me battre. Si ça dure un jour, ça ira, si ça dure cinq jours, alors rendez-vous à Roland-Garros..."
"C'est la deuxième fois cette année que ça m'arrive. On change de lieu sans arrêt avec les tournois, il faut s'adapter très vite, ce n'est pas très bon pour le corps", a poursuivi le N.1 mondial. Mais il ne "voit pas pourquoi" il n'arriverait pas "en parfaite condition physique" à Roland-Garros. En quarts de finale, Marin Cilic sera son prochain adversaire. - AFP








Nadal a désobéi

Fiévreux avant son huitième de finale face à Feliciano Lopez, jeudi, Rafael Nadal n'a pas écouté les conseils de son oncle et coach, Toni.

«Je ne voulais pas qu'il joue. Je lui ai dit qu'il fallait qu'il se souvienne de ce qui s'était passé à Doha en début d'année. Il avait joué sa demi-finale contre Nikolay Davydenko avec de la fièvre, il l'a perdue sèchement et a fini par se blesser à l'Open d'Australie, explique-t-il dans nos colonnes, ce vendredi. Si l'on tire sur un corps fragilisé, le risque de casser est plus grand. Et comme Roland-Garros approche...». Menacé par Novak Djokovic, un succès face à Marin Cilic en quarts de finale lui permettra de conserver sa première place mondiale - au moins - jusqu'à Paris. Ceci explique peut-être cela...


Première victoire à Rome

Nadal s'est fait peur

Mené un set et 4-3 par Paolo Lorenzi, issu des qualifications, Rafael Nadal s'en sort au courage, mercredi, au 2e tour (6-7 [5], 6-4, 6-0 en 2h36').
Digérer la défaite subie dimanche, à Madrid, sur "sa" terre battue. Faire fi de l'épée de Damoclès qu'agite Novak Djokovic au-dessus de sa tête. Rafael Nadal en a vu d'autres. Mais Rafael Nadal est humain. Pour son entrée en lice au Foro Italico, Paolo Lorenzi, 148e mondial, doit être un amuse-gueule. Normalement. Quand tout va bien, la gifle de coup droit du Majorquin fait mal à ses adversaires. Quand il doute, elle fait "pschitt". Quand tout va bien, l'Espagnol "tue" ses matches. Quand il doute, il perd son break d'avance dans les deux premières manches. 
Loin derrière sa ligne, Rafael Nadal subit les assauts d'un adversaire inspiré, qui dispute le match de sa vie devant les siens. L'Espagnol, lui, fait les mauvais choix et multilplie les fautes directes (35 au total). Sans faire offense à son adversaire, il lutte avant tout contre lui-même. Contre sa propre frustration. Contre ses propres démons. Mené un set et 4-3, il revient à hauteur (6-4), sauvant au passage une balle de 5-5. Et serre le poing. Paolo Lorenzi ne le reverra plus. Sur l'un de ses rares coups droits long de ligne gagnants, il composte son billet pour les huitièmes, où il retrouvera Feliciano Lopez ou Philipp Kohlschreiber. Mais envoie un nouveau signal rassurant à ses rivaux. - J.G. 







ATP Rome - Nadal s'en sort, dans la douleur

Entrée en lice pour le moins délicate pour Rafael Nadal, ce mercredi au Masters 1000 de Rome. L’Espagnol s’est imposé dans la douleur face à l’Italien Paolo Lorenzi (6-7(5), 6-4, 6-0 en 2h37). Un adversaire qui, avant de lâcher prise dans la troisième manche, aura sérieusement malmené le numéro un mondial.

D'un côté, Rafael Nadal, numéro un mondial, titré à cinq reprises à Rome. En face, Paolo Lorenzi, 148e joueur mondial et issu des qualifications. Un match qui semblait donc à priori largement à la portée de Rafael Nadal. Qui plus est sur terre, sur ses terres devrait-on dire. Et pourtant il en a été tout autre pour l'Espagnol qui n'a visiblement pas encore digéré sa défaite à Madrid, dimanche dernier.

Dès l'entame du match, l'Italien joue crânement sa chance même s'il ne parvient pas encore à faire douter Rafa sur son service. Les jeux s'enchainent, sans break concédé. Et c'est finalement Rafa qui réussit à prendre la mise en jeu de son adversaire (4-2). Mais c'était sans compter sur un adversaire accrocheur qui, sur un jeu blanc, débreak dans la foulée et confirme (4-4). Tout est à refaire pour le numéro 1 mondial qui grimace sur le court. Il faut attendre le tie-break pour départager les deux hommes. Un jeu décisif remporté haut la main par l'Italien (7 points à 5), à la surprise de tous. Le Foro Italico est en ébullition.

Mais Rafa n'a pas dit son dernier mot. L'Espagnol, le visage fermé, réalise le break d'entrée puis confirme (2-0). Si tout semble aller mieux pour Rafa, c'aura été de courte durée. Son adversaire revient à hauteur (3-3) et passe devant dans un 2e set qui reste bien indécis. Avec autorité, Nadal reprend le service de son adversaire et s'empare de la deuxième manche (6-4). Rafa peut souffler, il revient de loin

Le 3e set n'est plus qu'une formalité pour Rafa, face à un adversaire qui lâche prise et semble accuser le coup. L'Espagnol conclut le match sur un sévère 6-0 après plus de 2h30 de jeu.

Rafael Nadal a tremblé mais il s'en est sorti, au courage. Et se qualifie pour les huitièmes de finale où un autre test l'attend. Ce sera face à Feliciano Lopez ou Philipp Kohlschreiber. - Marion Chervy

article publié sur le site WeLoveTennis.fr 








Nadal n'est «pas inquiet»

Difficile vainqueur de Paolo Lorenzi (6-7 (5/7), 6-4, 6-0), Rafael Nadal a assuré ne pas s'inquiéter de ses performances décevantes ces derniers jours.

Voir Rafael Nadal souffrir dès son entrée en lice dans un tournoi, qui plus est sur terre battue, est une chose rare. Ajoutez à cela sa défaite à Madrid la semaine dernière face à Novak Djokovic, et vous comprendrez que l'Espagnol n'est pas au top. Mais le numéro 1 mondial a tenu à assurer, ce mercredi, qu'il ne doutait pas pour autant. «Je ne m'inquiète pas parce que j'ai perdu contre Djokovic, ça fait partie du jeu, gagner, perdre, je ne suis pas nerveux.» Rafael Nadal a cependant admis que son niveau de jeu actuel n'est pas flamboyant.

«J'ai très mal joué»

«Aujourd'hui (mercredi) c'était dur, j'ai très mal joué. J'ai eu des moments difficiles, je me sentais lent, je ne rentrais pas bien dans la balle, j'étais toujours un peu court... Ça faisait longtemps (que je n'avais pas si mal joué sur terre battue).» Conscient de ses limites, l'Espagnol trouve pourtant des raisons d'espérer. «Le bon côté, c'est que (jeudi contre Feliciano Lopez) je jouerai mieux, parce que ce n'est pas possible de jouer plus mal. Et je l'ai aussi battu, il est en pleine forme, mais dans le passé j'ai aussi joué très bien contre lui - Rédaction (Avec AFP)

article publié sur le site Lequipe.fr


lundi 9 mai 2011

Novak remporte le titre à Madrid


Une vraie déflagration

Formidable vainqueur de Nadal (7-5, 6-4), Novak Djokovic a pleinement confirmé qu'il était le meilleur joueur du moment.

Lorsqu’elles se prolongent durablement, les séries de victoires engendrent souvent conjointement l'admiration et l'ennui. On s'extasie tout en regrettant l’extrême prévisibilité du résultat. Champion hors norme, homme pétri de valeurs, Rafael Nadal pouvait pourtant susciter, depuis presque six ans, une certaine forme agacement. À quoi bon s'intéresser à Monte-Carlo, Rome, voire Roland-Garros, si l'on en connait par avance le vainqueur ? Rien de tel que l'inexorabilité pour tuer l’essence même du sport.

De ce point de vue, mais de ce point de vue là seulement, le succès de Novak Djokovic, hier, en finale de Madrid, est une bénédiction pour le tennis. Vainqueur en deux sets (7-5, 6-4) et 2 h 17, le Serbe n'a pas seulement mis fin à une série de trente sept succès d'affilée du numéro 1 mondial sur sa surface fétiche. Il a fait mieux, en déboulonnant la statue du Commandeur. Nadal avait fait de même, il y a trois ans, en dégommant le mythe Federer dans son jardin de Wimbledon. Avec les conséquences que l'on sait. L'avenir dira si la date du 8 mai 2011 marque(ou non) une borne dans l’histoire du jeu. Mais le présent est sans appel : aujourd'hui, le meilleur de la planète, toutes surfaces confondues, est serbe et son surnom est « Nole ».

Depuis le 1er janvier, Djokovic affole tous les compteurs. Le voila à 32 succès consécutifs (34 si l’on y ajoute ses deux victoires en finale de la Coupe Davis, en décembre 2010, contre la France). Mais ces stats comptent aujourd'hui moins que la leçon tactique administrée hier au patron de la terre battue. Tous les joueurs qui l'ont affronté le confirmeront : malgré ses formidables progrès au service, à la volée et en revers slicé, la marque de fabrique de l'Espagnol reste encore et toujours la toute puissance de son coup droit. À force de bondir au-dessus de l'épaule, il use les volontés des plus farouches. À fortiori sur terre, où ce bélier défonce systématiquement l’adversaire dans l’incontournable diagonale des revers. Hier, Djokovic a fait bien mieux que résister à cette frappe présumée imprenable : il lui a tordu le cou, en assenant au numéro 1 mondial une flopée de revers gagnants, des quatre coins de l‘échiquier.

Un coup digne de Federer

Eh oui, ce succès est un revers… Mais il n'est pas à la portée du premier venu. Pour réussir parfaitement la recette du « Nadal cuit à l'étouffée », il faut à la fois un coup d'œil, une maitrise technique du coup et une qualité d'appuis que seul Djokovic possède de nos jours. Hier soir, le Serbe entra en outre sur le court avec une volonté délibérée d'agression. Pas question de se laisser embarquer dans des échanges longs comme un jour sans bière. L'heure était à la blitzkrieg. L'attaque fut si foudroyante qu'au bout de 21 minutes, l’Espagnol se retrouva mené 4-0. On imagine l’hébétude du public madrilène.

Mais Nadal ne serait pas Rafa sans son cœur gros comme ça. A l'énergie, et en retrouvant un peu de poids et de longueur de balle, il reprit un break, puis deux. À 5-4, on crut les compteurs remis à zéro. Erreur : lors du jeu qui suivit, le Majorquin fut tout heureux de sauver trois balles de set en profitant notamment de deux fautes de son rival. Mais il ne put retarder l’échéance et pousser le set jusqu'à son jeu décisif. A 6-5, au grand dam de la foule, le filet prit deux fois le parti de Djokovic. L’extrême acuité de son retour de service enfonça le clou. Le Serbe venait d'empocher les huit derniers points du set.

Dans le premier jeu du deuxième acte, Nadal gagna pourtant un point inoubliable en parvenant à glisser un lob parfait d'entre ses jambes. Un coup à rendre jaloux le magicien Federer. L’exploit lui valut le break. Le rugissement qui suivit montra à la fois sa frustration et sa détermination mais « Djoko » ne s'en laissa pas compter. Dès le jeu suivant, le Serbe avait recollé au score en coupant le maximum de trajectoires. À force de poser les pieds à l’intérieur du court comme on les pose sur la table basse de la salle à manger, il était progressivement devenu le proprio du central. Dès lors, Nadal ne put que s'attacher à survivre. À l’énergie, il écarta une balle de breaka 2-1 en enchainant coup droit et volée. Mais, à 5-4, Djokovic l'assomma littéralement en frappant deux formidables revers croisés. À 0-40, « l’Invincible » vendangea une attaque. Mais, sur le point suivant, le revers slicé de Nadal atterrit dans le couloir, le sceptre avait changé de main.

Voila « Djoko » sur les talons du numéro 1 mondial au classement ATP – une simple vue de l'esprit il y a encore quatre mois. Mais là n'est pas sa priorité. L’objectif qu'il tient dans sa ligne de mire n'est pas un chiffre mais un nom. Il s'appelle tout simplement Roland-Garros. – Vincent Cognet

article publié dans L'équipe papier du Lundi 9 Mai 2011 








Nadal ou la défaite qui en dit long 

Pour le N.1 mondial, l'heure est à la remise en question à 15 jours de Roland-Garros. Depuis la finale de Madrid, hier, Novak Djokovic sait qu'il peut battre Rafael Nadal sur terre battue. Il lui a fallu 10 matches pour cela, 9 défaites entre 2006 et 2009 pour comprendre et combler ses lacunes.

L'incroyable série de Rafael Nadal sur terre battue a donc eu une fin. L'Espagnol ne renouvellera pas son exploit de la saison dernière. L'an passé, il avait réussi le Grand Chelem sur terre, en étant titré à Monte-Carlo, Madrid, Rome et Roland-Garros. Cette année, il lui manquera au moins celui de la capitale espagnole. La faute à un Novak Djokovic au sommet de son art. En s'inclinant pour la première fois face au Serbe sur terre battue, le N.1 mondial a mis un peu plus en lumière ses lacunes face au N.2 mondial qui a désormais les clés pour dompter l'indomptable. Jouant souvent trop court, poussé à la faute en coup droit comme en revers, Nadal n'a pu opposer que son coeur en défense, comme sur ce passing exceptionnel, réussi entre les jambes et transformé en lob, qui lui a offert sa première balle de break de la seconde manche. Un coup digne des plus grands joueurs, insuffisant toutefois pour le sortir d'affaire. 

Avec un mental inébranlable depuis la fin 2010, le Serbe a enfin un niveau de jeu à la hauteur de ses ambitions. Avec une forme physique comme jamais, ses phases de jeu sont impressionnantes d'efficacité, ses attaques aussi tranchantes que ses répliques assassines. Face au lift de Nadal qui fait tant de mal aux autres joueurs du circuit, Djokovic a montré qu'il possédait, en plus, l'arme absolue : son revers à deux mains. Et ce, y compris sur terre battue. C'est désormais vérifié. En prenant la balle très tôt, parfois même à hauteur d'épaule, le Serbe n'a pas subi le lift de Nadal, qui s'est révélé sans effet dimanche sur la terre battue madrilène, il est vrai, plus rapide qu'ailleurs. Mais sans un physique à la hauteur pour tenir la cadence infernale de l'Espagnol, le Serbe aurait certainement craqué, comme lors de leur joute mémorable lors de la demi-finale madrilène de 2009. 

Djokovic : "Quelque chose qui me faisait défaut par le passé"

"C'est probablement ma plus belle victoire, de celle que l'on place tout en haut", s'est laissé dire le Serbe, désormais victorieux de 32 matches de suite cette saison. "Je jouais Rafa dans sa ville, dans son pays, avec le soutien des gens. Dans ces circonstances, j'ai joué un match incroyable. Je suis content d'être capable de jouer mon meilleur tennis quand j'en ai besoin. C'est peut-être quelque chose qui me faisait défaut par le passé. Je ne croyais pas assez que je pouvais battre Rafa ou Roger (Federer) dans ces grands tournois, ces grands moments. Mais maintenant, c'est différent." Pour tenir ce discours, il a fallu 10 matches sur terre battue, dont 9 défaites entre 2006 et 2009 pour combler ses lacunes. Mais maintenant, Novak Djokovic sait qu'il peut le faire. 

En faisant la loi dans la diagonale grâce à ce revers de feu réalisé à la perfection, il a réussi à repousser son adversaire loin derrière sa ligne de fond, le pousser à la faute ou le mettre carrément à plusieurs mètres de la balle. Peu de joueurs peuvent réussir à lui résister de la sorte, quelle que soit la surface. On pense à Andy Murray, Juan Martin Del Potro. Egalement à Robin Söderling qui était, jusqu'à ce dimanche, le dernier joueur à avoir battu le Majorquin sur terre battue. Il faut être un joueur avec un toucher exceptionnel, comme Roger Federer pour ne pas le citer, pour y être parvenu avec un revers à une seule main sur surface ocre. Mais le Suisse n'y est parvenu que deux fois dans sa carrière. C'est pour cette raison que la question du physique est très importante : Djokovic n'a pas eu de faille similaire à celui de samedi face à Thomaz Bellucci en demi-finales. S'il avait eu un long moment d'absence dimanche face à Nadal, plus long qu'en fin de premier set lorsque l'Espagnol est revenu de 0-4 à 5-5, un troisième set aurait été joué à coup sûr, avec une issue finalement beaucoup moins évidente. 

Nadal : "La surface n'est pas une excuse"
 
"Je n'ai pas joué mon meilleur tennis aujourd'hui. Il a extrêmement bien joué, en particulier avec son revers", analyse justement le Majorquin qui a été incapable de faire reculer le Serbe ou de trop le décaler pour mieux le prendre de vitesse. "Ce coup lui a permis de très bien ouvrir le court. J'ai joué un peu trop court. Je dois être plus agressif sur mon coup droit. C'est ce que je dois travailler sur mes prochains matches, pas seulement face à Novak. Les conditions ici étaient un peu plus difficiles, car la surface est plus rapide. Mais ce n'est pas une excuse. Il est mentalement très fort maintenant, il ne fait pas d'erreur. Il joue avec avec énormément de confiance."
 
La question est de savoir si Novak Djokovic sera capable de rééditer pareille performance sur terre battue, d'autant plus au meilleur des cinq manches à Roland-Garros, le prochain objectif affiché de Nole. Si son physique reste fort, il n'y a aucune raison pour qu'il n'y parvienne pas. Il a réussi à résister à Nadal deux fois de suite sur dur à Indian Wells et Miami. Et une troisième fois avec brio sur terre à Madrid. Il ne faut pas oublier qu'il a sciemment zappé Monte-Carlo pour se reposer et préparer son jeu sur terre chez lui à Belgrade... Son timing est donc parfait. A Rome, dans le sixième Masters 1000 de la saison qui a débuté dimanche, la donne sera sensiblement la même. A ceci près que la surface sera plus lente qu'à Madrid et que Nadal aura la semaine pour commencer à rectifier le tir. Et trouver une solution pour faire déjouer le Serbe à son tour. Car il ne faut pas oublier que la plus grande capacité du Majorquin est sa rapide faculté d'adaptation à ses adversaires, comme aux surfaces sur lesquelles il joue... Sa place de N.1, pas encore menacée malgré la perte de son premier titre sur terre, est à ce prix. - Sébastien PETIT







Djokovic fonce sur Nadal

Rafael Nadal voit fondre son avance au classement. Lundi, il ne compte plus que 1805 points d'avance sur Novak Djokovic qui semble prêt comme jamais à prendre le pouvoir.
«Arrêtons de parler de la question du n°1. Ce n'est même pas que ma place de n°1 est en danger, c'est fini. Arrêtons de nous mentir, c'est ça la réalité.» Rafael Nadal, après sa défaite en finale à Madrid a quasiment annoncé Novak Djokovic en nouveau n°1 mondial. Une théorie qu'il martelait déjà à Monte-Carlo, affirmant que le Serbe pouvait le détrôner dans un mois ou deux. Et il est proche d'avoir raison, car ce lundi au classement l'avance de l'Espagnol n'est plus que de 1805 points au classement sur son dauphin ! Un scénario inimaginable en début de saison mais qui devient de plus en plus crédible étant donné la domination du Djoker depuis janvier. Mais la défaite de Madrid, même si elle fait mal, n'a pas démoralisé l'Espagnol : «C'est quand même prendre un coup dans le buffet, mais je ne suis pas au plus bas. Perdre à Miami a été beaucoup plus dur à encaisser.

«Mon objectif est d'aller au bout à Paris et je vais tout faire pour être au top là-bas.» Novak Djokovic
Nadal compte donc 12 470 points contre 10 665 pour Djokovic, à ce niveau ce n'est rien. Mais le Serbe ne veut rien entendre et reste prudent. S'enflammer en ce moment face à un adversaire aussi redoutable que Nadal pourrait coûter très cher. Alors, s'il se rapproche du Graal, ''Nole'' ne veut pas y penser. «Si je continue à gagner, je vais m'en rapprocher mais j'essaie de ne pas trop penser à ça en ce moment. Je dois rester concentrer sur les prochaines échéances.» Et là en revanche il ne se cache pas. Après avoir fait tomber Nadal chez lui et sur terre battue, il veut Roland-Garros. «Rafa est là-haut, il a gagné cinq fois, moi j'ai perdu deux fois en demi-finales. Grâce au fait que je suis dans la forme de ma vie, je suis un des favoris pour le titre, mais Rafa n'a perdu qu'une fois à Paris. Mon objectif est d'aller au bout à Paris et je vais tout faire pour être au top là-bas.» Avis à ceux qui le disaient proche du point de rupture : Novak Djokovic, lui, se dit frais comme un gardon. 

Derrière, Roger Federer compte 8900 points et s'accroche même si sa situation se complique très sévèrement. Pour le reste, le trou est fait avec un Andy Murray quatrième avec 5905 points. Gaël Monfils, lui, retrouve la 9e place mondiale ce lundi grâce à la chute d'un cran de Nicolas Almagro. Richard Gasquet est 16e et Jo-Wilfried Tsonga (18e) qui réintègre le Top 20. Joli tir groupé des Bleus avec Gilles Simon 19e et Michaël Llodra, 21e, qui atteint le meilleur classement de sa carrière. Le Brésilien Thomaz Bellucci gagne 14 places pour atteindre la 22e place grâce à se demie en Espagne. - C.B.
 
Numéro 1 dans huit jours si: Novak Djokovic sera le nouveau n°1 mondial la semaine prochaine s'il s'impose à Rome et que Rafael Nadal perd avant les demies. Dans les 1805 points d'avance de ce lundi, les points de sa victoire à Madrid ne sont pas encore décomptés en raison d'un changement de calendrier.




samedi 7 mai 2011

Rafa se défait de Roger et gagne sa place pour la finale

Nadal, référence en la matière

Non sans mal, Rafael Nadal s'est qualifié pour sa 4e finale à Madrid en battant Roger Federer 5-7, 6-1, 6-3 samedi. L'Espagnol, tenant du titre, affrontera Novak Djokovic ou Thomaz Bellucci en finale pour tenter d'enchaîner une 38e victoire sur terre battue depuis 2009 et un troisième titre en 2011.
Si Roger Federer est la référence en Grand Chelem, Rafael Nadal le reste en Masters 1000, d'autant plus sur terre battue. L'Espagnol, tenant du titre à Madrid et recordman de victoires en masters (19), n'a toujours pas perdu une demi-finale sur cette surface depuis 2003. Déjà vainqueur cette année des tournois de Monte-Carlo et Barcelone, il a remporté une 37e victoire d'affilée sur sa surface de prédilection, depuis juin 2009. Pour la 11e fois en 13 matches sur terre, Roger Federer en a fait les frais samedi à Madrid, là même où il avait pourtant signé en 2009 sa dernière victoire sur le Majorquin sur cette surface ocre plus rapide qu'ailleurs. 

Après une émouvante minute de silence en mémoire du golfeur décédé Severiano Ballesteros, cette demi-finale, disputée sous un toit fermé en raison de la pluie tombant sur Madrid, a mis du temps à se lancer. C'est pourtant le Suisse qui a pris les choses en main durant cette partie. Mais, comme souvent face à Nadal, l'actuel N.3 mondial a gâché beaucoup d'occasions de prendre le service de son adversaire, neuf sur onze précisément lors de cette demi-finale. La faute à une première balle peu présente et à des fautes grossières qui ont retardé le gain de la première manche et précipité sa chute lors des deux suivants. "J'ai essayé de jouer de manière agressive, assume Federer. J'ai réussi beaucoup de points gagnants, mais aussi commis beaucoup d'erreurs. Mais je suis content de ma performance. Peut-être le résultat ne le montre-t-il pas, mais j'étais présent jusqu'à la fin. Je veux maintenant me tourner vers Rome et Roland-Garros."
 
Deuxième set perdu par Nadal cette saison sur terre

Le Suisse a d'abord paru étrangement absent, multipliant les fautes directes grossières et passant moins de 40% de premières balles sur ses trois premiers jeux de service. Breaké d'emblée, il a ensuite sauvé une balle de 4-1 pour Nadal d'un passing de coup droit. Après un jeu suivant concédé blanc, le N.3 mondial s'est cependant libéré en enchaînant deux des coups droits qui sont sa marque de fabrique. Et l'Espagnol, qui jusque-là avait surtout profité des erreurs adverses sans être trop dans le match non plus, a commencé à reculer. Pendant quelques jeux, le public madrilène a alors vu le meilleur Federer, dominant les échanges, jouant en avançant face à un Nadal cumulant les erreurs peu coutumières. Et ce qui devait arriver arriva : l'Espagnol lâchait la première manche après une heure de jeu, son deuxième set sur terre battue en 13 rencontres cette saison. Petit exploit en somme. Le dernier de la journée pour le Suisse. 

La suite du match a vu ensuite Federer sortir de la partie. Après avoir sauvé une balle de break, le Suisse a subitement arrêté de jouer sur une balle qu'il pensait hors du terrain. Mais l'arbitre l'a jugée bonne, donnant ce premier jeu à Nadal. Sans vraiment être à son top, l'Espagnol est encore parvenu à prendre deux fois le service adverse dans cette manche, sans que son adversaire ne parvienne à revenir. Le deuxième set perdu, le N.3 mondial est pourtant reparti à l'attaque dès le début du troisième. Mais a encore gâché une nouvelle chance à 1-1, d'un revers trop long. Sur le jeu suivant, le sort s'est à nouveau acharné contre lui, un de ses coups droits étant jugé trop long, ce qui a permis au N.1 mondial de breaker pour de bon et filer vers la victoire finale. 

Même poussé dans ses derniers retranchements, Rafael Nadal, toujours à l'affût des erreurs adverses, a su tirer profit de son service, avec 81% de premières balles, et de sa présence en retour comme en témoignent ses 60% de réussite sur secondes balles adverses. Le voici pour la quatrième fois en finale du quatrième Masters 1000 de la saison où il attend Novak Djokovic pour une troisième joute après Indian Wells et Miami. Ou Thomaz Bellucci pour une finale inédite en la matière. Avec une 38e victoire de suite sur terre dans le viseur. - Sébastien PETIT








ATP Madrid - Rafa, "como siempre" 

Rafael Nadal-Roger Federer. Le classique des classiques. Mais classique, également : la victoire de Rafa sur son plus grand rival, 5-7 6-1 6-3, en 2h40 de jeu.

C'était leur 24ème confrontation, la deuxième d'affilée en demi-finale d'un tournoi, après Miami, en mars dernier - un scénario pas si fréquent que ça, les deux ayant plutôt l'habitude de se retrouver en finale. Les Nadal-Federer ont toujours une saveur très particulière, cette saveur du jeu, cette saveur des records, cette saveur historique, chacun ayant écrit, avec son propre style, une portion de l'histoire du tennis. Celui-ci, en demi-finale du tournoi de Madrid, ne dérogeait pas à la règle. Un Nadal qui poursuit son incroyable série, avec 36 victoires consécutives sur terre et six titres depuis sa défaite contre Söderling en 2009 ; un Federer qui tente de nouvelles choses pour retrouver une réussite qui le fuit face à ses principaux rivaux, qui recherche de nouvelles sensations sur terre en vue de perfer à Roland.

Comme souvent, c'est Rafael Nadal qui démarre le mieux, breakant assez rapidement un Federer timide, donnant pas mal de points. Mais le Suisse se reprend en fin de manche, sauvant notamment trois balles de break d'affilée, avant de coiffer Rafa au poteau. Il empoche le premier acte 7-5, compensant sa médiocrité au service - 45% de premières balles - par une belle agressivité en retour.

Ce Roger qu'on voit là, on l'aime bien. On l'aime moins celui qui vient. Le voici qui s'énerve d'entrée de deuxième set, suite à un point litigieux. Janus à visage double, l'ex-number one nous montre de lui le pire, comme le meilleur, à son habitude. Les astrologues en herbe en perdraient leur latin : ce Lion est plus Gémeau que le garçon d'en face ! Le garçon en question ne perd pas de temps et profite des erreurs de son inconstant aîné. Il breake, rebreake et s'envole vers la bulle, tout juste sauvée par Fed après un vrai temps faible de part et d'autre. 6-1 Nadal, balle au centre.

La troisième manche se joue à peu de choses, la tartine semble beurrée des deux côtés. Mais, au tennis, le coup de la tranche n'existe pas, les matches nuls non plus. Rafa, très solide au service - 90% de premières dans le troisième set -, concède une occasion de break miraculeuse à son adversaire. Ce dernier peut maudire quelque revers lifté... La balle est longue et l'opportunité manquée. En face, le maître des lieux, en taureau mugissant, encorne le pauvre torero - en même temps, des toreros suisses, vous en connaissez beaucoup ? - et réalise le break sur son unique possibilité. Game, set and match, Rafael Nadal, 5-7 6-1 6-3.

Le duel Rafa-Roger aura, comme d'habitude, rempli toutes ses promesses et comblé ses inconditionnels. Comme toujours, Rafa l'a emporté. Comme toujours, c'est une bête invincible sur terre. Comme toujours, il sera favori, demain, en finale, face à Djoko ou Bellucci. Alors, va-t-il l'emporter... como siempre ? - Rémi Cap-Vert



Rafa jouera les demi-finales du Masters 1000 de Madrid


Nadal croque Llodra

Rafael Nadal (n°1) ne fait qu'une bouchée de Michaël Llodra, vendredi, en quarts de finale (6-2, 6-2 en 1h15').

Michaël Llodra avait prévenu. «Il y a plus de chances que j'en prenne une bonne mais j'ai envie de voir ce qu'il a à me proposer. Ça va être du Riton (Henri Leconte, gaucher comme lui, ndlr), à l'abordage. Jeudi (face à Daniel Gimeno-Traver, ndlr), j'ai fait service-volée 90% du temps. Contre Nadal, ce sera pareil. Je ne vais pas changer mon style de jeu parce que je l'affronte.» Illustration de ses propos dès le premier jeu du match. Sur six points disputés, le Parisien tente six services-volées mais encaisse deux passings de revers pour se faire breaker. La terre battue madrilène est dite rapide. Le Majorquin, tenant du titre, s'en accommode pourtant parfaitement pour ajuster son adversaire, qui inscrit 7 points sur 18 montées dans le set initial (6-2 en 34 minutes).

36 succès de rang

En difficulté dès que l'échange s'installe, le Parisien a le mérite d'insister dans sa filière. Une stratégie payante, le Majorquin étant obligé de prendre le maximum de risques. Mais une stratégie usante. D'autant que son service connaît quelques ratés (61% des points gagnés derrière sa première). S'il écarte trois balles de break à 2 partout dans la seconde manche, la quatrième lui est fatale sur une gifle de coup droit (2-3). Le travail de sape porte ses fruits. Michaël Llodra n'inscrira plus le moindre jeu. Rafael Nadal aligne un 13e succès de rang sur terre battue cette saison (en comptant le forfait de Juan Martin Del Potro la veille). Le 36e au total depuis son dernier revers sur la surface. C'était en 2009, à Roland-Garros, face à Robin Söderling. Un adversaire qu'il ne retrouvera pas en demi-finale, le Suédois s'étant incliné face à Roger Federer. - J.G. 

Michaël Llodra : «Je savais que c'était un autre calibre. Mais je ne m'attendais pas à ce genre de conditions. Il y avait du vent tourbillonnant, il faisait peut-être dix degrés de moins que les autres jours. Je ne me sentais pas très à l'aise. Malgré tout, j'ai joué mon match à fond. Mais il a mis la barre très haut d'entrée. C'était mon quatrième match, j'étais un peu fatigué. Son coup droit gicle vraiment beaucoup, il bouge très bien. Quand il se décale latéralement pour tourner autour de son revers, ça tricote. Au retour, j'avais du mal à sentir ma position. Je ne savais pas s'il fallait retourner de loin ou de près. Lui, de son côté, retourne sacrément bien. Il tape fort. Il t'use. Son service n'est pas un point faible mais pas un point fort non plus. C'est plutôt moi qui n'ai pas été bon dans ce domaine-là. Je n'ai pas passé suffisamment de premières balles. J'étais à peine à 30% en début de match.» (AFP)







ATP Madrid - Nadal continue sa promenade de santé


"Ca va être très dur mais j'ai un jeu atypique et en un match tout peut se passer, alors pourquoi pas ?" Comme prévu, Michael Llodra sera resté fidèle à son style de jeu face à Rafael Nadal, en enchaînant les services-volées. Mais Mika a dû se rendre à l’évidence ce vendredi en quarts de finale. "Il y a plus de chance que j’en prenne une bonne" avait confié Mika avant la rencontre. Il ne croyait donc pas si bien dire. Il en aurait fallut en effet bien plus pour s’imposer face à un numéro un mondial en forme et qui ne lâche rien. Rafa arrivait dailleurs dans de meilleures conditions pour jouer ce quart de finale. L’Espagnol n'avait passé que 1h22 sur le cours depuis le début de la semaine (Un 2e tour face à Baghdatis et le forfait de Del Potro). A la différence de Mika qui avait dû disputer trois matchs (contre Querrey, Cipolla et Gimeno-Traver). Et on sait combien cette donnée compte face au numéro un mondial.

Rafa ne pouvait pas mieux commencer le match. Il prend les commandes du set en réalisant le break d’entrée (1-0) puis confirme et creuse l'écart (3-0 en 12 minutes de jeu seulement). Mika subit et n’y arrive pas, aussi bien au service qu’en retour. Rafa continue su sa lancée (4-0) avant que Mika ne stoppe l’hémorragie et ne marque son premier jeu (1-4) au bout de 21 minutes, en sauvant au passage de nouvelles balles de break. Le match s’équilibre, chacun tient son service (5-2). Et c’est en toute logique que Rafa, solide (12 coups gagnants contre 4 fautes directes) s’adjuge le premier set à toute vitesse (34 minutes) sur le score de 6-2. Mika aura été débordé dans l’échange la plupart du temps, avec un ratio négatif de dix fautes directes contre sept coups gagnants.

Dans le 2e set, comme dans le premier, Llodra est d’entrée mis en difficulté mais s'appuie sur sa première balle (2 aces) pour prendre les devants. Rafa lui, continue tout aussi tranquillement, (1-1) régalant au passage le public madrilène de quelques beaux passings. Les jeux défilent (2-2) ce qui n’empêche pas Mika qui s’est fait mal au doigt, de plaisanter avec le kiné lui expliquant qu'il est en train "d'étouffer" son adversaire. Et même si Mika ne veut rien lâcher, il doit finalement concéder sa mise en jeu (2-3). L’Espagnol enchaine (4-2 puis 5-2), faisant taire les derniers espoirs du Français. Avant de conclure le match (6-2) en 1h15.

Rafa continue donc son petit bonhomme de chemin sur la terre battue madrilène. Et enregistre une 13e victoire d’affilée sur la surface cette saison. Une chose est sûre, il n'était donc pas question pour Rafa de s'éterniser sur le court aujourd'hui. Judicieux avant un premier vrai test face à Roger Federer ou Robin Soderling samedi, en demi-finale. -  Marion Chervy

 article publié sur WeLoveTennis.fr 







Une heure face à la « bête ››

Battu 6-2, 6-2, par Rafael Nadal, Michaël Llodra explique en quoi la balle du numéro 1 mondial est spécifique.

De « Ritonnades », il n'y eut point : trop hésitant dans le vent tourbillonnant qui soufflait sur le central, émoussé par ses trois succès précédents, face à Querrey, Cipolla et Gimeno-Traver, Michaël Llodra n'a résisté qu'un peu plus d'une heure à Rafael Nadal (6-2. 6-2). Il n'avait affronté l'Espagnol qu'une fois en Challenger en 2003 - autant dire il y a un siècle. Il raconte ici « ce que ça fait » de se retrouver de l'autre côte du filet.

Un garçon dans le vent. – « Je savais que c’était un autre calibre, un joueur d'une classe différente. Mais les conditions ne m'ont pas avantagé. Rien à voir avec mes autres matches. Il y avait beaucoup de vent aujourd’hui (hier). Généralement, je ne suis pas à l'aise dans ces conditions-là, mais c’est encore pire face à lui : vent dans le dos, sa balle gicle encore plus ; face au vent il peut encore plus se livre. »

Un coup de lasso – « En coup droit, tu sens que ça gicle énormément. Il a un coup de lasso en fin de geste qui donne à la balle une énorme accélération. C'est fou comment il peut accélérer sa tête de raquette. Ici avec l'altitude et le vent, c'est encore pire. Et quand il se décale en coup droit, pfffff... Des fois, je faisais un chip sur son revers, mais il tournait autour à deux mille à l'heure. Son déplacement  latéral  est impressionnant. Ses jambes « tricotent » vite et bien. »

Le marteau et l’enclume – « J'ai un peu de mal à juger son service parce que j'étais moi-même trop hésitant. Avec le vent, j’avais du mal à trouver la bonne position. Le service n'est pas un point faible, mais ce n'est pas non plus son point fort. Ce qui le rend un peu plus dur à lire, c'est qu'il est gaucher. On n'a plus beaucoup l'habitude sur le circuit. Je trouve son retour et son passing plus impressionnants. Même de loin, il est capable de taper très fort. En revers, il trouve des angles incroyables. Je crois que c'est grâce à sa deuxième main qu'il fait tant de dégâts. En passing, il ne se pose pas de questions: il pose son appui et, vlan il balance les bras. Ça fait boum ! »

Ca use, Ca use… -  « Je n’ai pas vraiment eu de mal à lire ses coups. Mais quand il prend l’échange à son compte avec son coup droit, il fait presque ce qu'il veut. Il trouve des angles tellement incroyables que, même si tu lis bien son coup, tu es rapidement sur le reculoir. T’en remets une, puis deux, puis trois, et au bout d'un moment, tu fais une cloche... Tous les meilleurs joueurs du monde ont une grande qualité de frappe et elles sont toutes différentes. Un Federer ou un Söderling peuvent te crucifier en une seule frappe. Nadal, c'est plus à l'usure. Il enchaine deux, trois, quatre frappes et c'est ça qui est usant... Sans oublier un truc : il a une vitesse de bras impressionnante. Quand il est bien placé, la balle va quand même très, très vite. » – Vincent Cognet

article publié dans L'équipe papier du Samedi 7 mai 2011


"Gagner contre un champion comme Rafael signifie beaucoup pour moi. Rafael est un joueur fantastique. Il va être présent longtemps et je suis content d'avoir gagné ce titre avant qu'il ne les prenne tous" --Roger Federer